



NOUVEAU : Vous pouvez aussi écouter le début du texte suivant en mode "karaoké" : première partie, deuxième partie
Eh bien ! Marie Rosset montait de Sion avec [son] cheval. Quand elle arriva [près] du couvent, elle vit une [femme] si grosse qu’elle ne pouvait plus marcher.
L’aï’oun grou chaky’i rin crótchya, é i chaky’ïr.e byin plin achebën . É pwé Marya Róché l’a démanda ävwé vajïe, é sta l’a de kye vajï’ën Chavyeje.
Elle portait un gros sac suspendu sur [son] dos, et ce sac était bien plein lui aussi. Marie Rosset lui demanda où elle allai, celle-ci lui répondit qu’elle allait à Savièse.
É pwe Marya Róché l’é demountäe di chou ò tsowa, e pwé l’a fé aa ina a groucha. É can i groucha l’ïta ina chou ó tsowa, i tsowa fajïe rin kyé prou móle dé tsa, powïé pa méi boudjye.
Alors Marie Rosset descendit de son cheval et y fit monter la grosse [femme]. Quand celle-ci y fut, le cheval ne fit plus que transpirer, il ne pouvait plus avancer.
Quand elles arrivèrent à Ormône, Marie Rosset dit : "C’est étonnant comme mon cheval transpire, vous êtes pesante." La grosse répondit : "Ma foi ! Ce sac est plein de choses lourdes, mais dès demain, il sera vide."
É pwé l’a de kyé ó windéman tui hou kye for.an chali di a mécha, l’or.an pri w’éivwe benité kye l’or.i bala le, é pwe kye for.an mò, kye le vajïe bale a pesta, kye for.an tui mò kye le é é dóou ferlwé a Marya Róché, pó chin kye l’aïon mena hwa dä pésta mountäé.
Elle ajouta que le lendemain, tous ceux qui sortiraient de la messe prendraient de l’eau bénite qu’elle [leur] donnerait et qu’ils mourraient ; qu’elle allait donner la peste, et que tout le monde mourrait sauf Marie Rosset et ses deux filleuls, parce qu’elle avait conduit, à cheval, [celle- la dame] de la peste.
Le lendemain en sortant de la messe, on vit une [femme] qui trempait sa main dans le bénitier, et donnait à tous de l’eau bénite, comme on [le voit faire, par là, à bien des gens.
É di ky’ïron chénya, tsèjïon ; é j-oun vajïon oun tróche é pwé tsèjïon, é j-oun vajïon tanky’ó windéman, tó ó tin maado, e ó windéman mor.ïon.
Mais, dès qu’ils avaient fait le signe de la croix, ils tombaient ; les uns faisaient quelques pas, puis ils s’affaissaient, les autres allaient jusqu’au lendemain, malades tout le temps, puis ils mourraient.
É pwé Marya Róché l’é chortit’avan-deriré é pwé l’a de ä groucha marin.na hwa kye balïé w’éivwe benité : "Ór.a ! char.é bon !" Hwa dä pésta l’a de : "To, pächa, l’a ouncó ona."
Marie Rosset sortit l’avant-dernière, elle dit à la grosse dame, celle qui donnait l’eau bénite : "Maitenant, cela suffira." La [dame] de la peste reprit : "Toi, passe, il y en a encore une."
Le l’a pacha, e a w’ätra kye l’a pacha l’a bala w’éivwe benité, e chon tui mò kye le é é dóou ferlwé.
Marie Rosset passa, et [la dame] donna l’eau bénite à celle qui venait [après elle]. Tous moururent, sauf Marie Rosset et ses deux filleuls.
Le lendemain, les trois qui n’étaient pas morts enterraient les autres avec des traîneaux.
L’é inou kye radäon pä méi chon-t-e mò ou pa, ky’apelïon tui chou a rlwidze é trin.na ba.
Il arriva qu’on ne regardait plus ceux qui étaient morts et [ceux qui ne l’étaient] pas, on les prenait tous sur les traîneaux, et on les traînait en bas.
É pwé ch’é trówa chou ona rlwidze Marya Róché ; é pwé can l’ïta ba ën n-oun pechó, ba déjó Mountèlè,
C’est ainsi que Marie Rosset se trouva sur un traîneau, mais en arrivant près d’un ruisseau où l’eau faisait cascade, au-dessous de Monteiller,
Marya Róché l’é tséjwäé di chou a rlwidze, l’é terya four.a, é pwé l’é tséjwäé der.ën déjó ó pechó dé w’éivwe, kye l’é itäé chówaé dä pésta.
elle tomba, [ou plutôt] elle se tira hors du traîneau, et alla tomber sous la cascade d’eau. [De la sorte] elle fut préservée de la peste.
Il y eut trois hommes avec elle, qui furent préservés de la peste. C’était donc à ces trois de s’entendre [pour savoir] à qui il appartiendrait de commander.
Kye l’an pwëte fetchya de moundó dé atrapäa chela, pó wabor.a ó bën.
Pour travailler la terre on mit ici des gens [qui venaient] d’ailleurs.
Or.a hou chon pwe jou a Syoun démanda comin falïé fér.é, démanda kye falïe fetchye cäcoun pó comanda, pó ó j-ënsenye, kye rlöo ïr.on pa de j-ënstrwi.
Ceux-ci allèrent à Sion demander comment il fallait faire, disant qu’il fallait leur doner quelqu’un pour commander et pour les instruire, car eux n’étaient pas des [gens] instruits.
É pwé l’an répondou, é bin ! kye foechon tòrna amou, é pwé kye oun echon fé prijidan, é oun tsatawan, é w’ätré consèlè, é kye echon gwêrna a comona tan byin kye l’or.an pouchou.
On leur répondit : "Eh bien ! remontez [à Savièse], et faites l’un [des trois survivants] président, l’autre juge et le troisième conseiller, et qu’ils gouvernent la commune aussi bien qu’ils le pourront."
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